Un sosie engagé pour remplacer un rival, un vrai agent immobilier et son jumeau. Le temps que la machine s'enclenche, et ensuite elle ne s'arrête plus.
Le premier quart d'heure m'a paru lent, et j'ai commencé à me demander où on allait. C'est le risque de toutes les comédies à mécanique : il faut poser chaque pièce avant de pouvoir les faire tomber, et cette installation-là prend son temps.
L'histoire tient du théorème. Arnaud soupçonne sa compagne Marion d'avoir un faible pour un agent immobilier, et décide d'engager un sosie pour le remplacer. Arrivent alors le véritable agent immobilier, puis son jumeau. Sébastien Castro a écrit la pièce et y tient trois rôles, José Paul et Agnès Boury la mettent en scène.
Une fois la machine lancée, l'enchaînement des gags fonctionne remarquablement, et surtout il accélère. C'est là qu'on comprend pourquoi elle a décroché le Molière de la meilleure comédie en 2023 et dépassé les sept cents représentations : la construction est d'une précision d'horloger, et chaque quiproquo en déclenche deux autres. Reste une prouesse qu'on n'a pas fini de commenter à la sortie : tenir trois rôles en même temps, sans qu'on comprenne jamais comment le passage se fait. On cherche encore le truc.
C'est du boulevard assumé, dans la tradition britannique dont Castro se réclame, et ça ne prétend rien d'autre. Si vous acceptez de patienter un quart d'heure, la suite le rentabilise largement.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatre-michel.fr· billetreduc.com. Les impressions de salle sont les nôtres.