Un stand-up qui parle de l'injonction à performer, en performant beaucoup. La contradiction est assumée, et c'est ce qui rend le truc drôle.
J'ai un rapport compliqué au stand-up engagé. Trop souvent, le propos prend le pas sur la vanne, et on se retrouve dans une conférence où l'on rit poliment aux bons endroits. Nicolas Benoit évite ça, et sa méthode m'intéresse.
Il parle de brutalité sociale, de masculinité, de végétarisme et du rapport au travail, ce qui est une liste de sujets à faire fuir n'importe quel programmateur d'humour. Sauf qu'il ne les traite pas au micro tout seul debout : il chante, il danse, il fait du beatbox, et la démonstration passe par le corps autant que par le texte. Le poulet déstructuré et le yoga y tiennent une place que je ne dévoile pas.
Le titre est une blague en soi. Un type monte sur scène pour dénoncer l'injonction à la performance, et il doit produire une performance pour être écouté. Il le sait, il le joue, et il tire de cette impasse la meilleure partie de son heure. C'est le genre de fond de scène qui distingue un spectacle d'un enchaînement de sketches.
Une claqueuse, une note haute, une salle de La Nouvelle Seine. À noter pour un soir de semaine.
Le passage en beatbox, où le discours anti-performance devient lui-même un numéro qui en jette.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après lanouvelleseine.com· offi.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.