Angleterre, XVIIe siècle. Le roi autorise enfin les femmes à monter sur scène, et interdit aux hommes de jouer les rôles féminins. Pour l'un d'eux, c'est la fin de tout.
Voilà une pièce qui vient chercher les comédiens là où ça les concerne directement, et j'avoue que le sujet me tient. Que devient un interprète quand ce qu'il sait faire mieux que personne devient soudain illégal ?
Après dix-huit ans de fermeture imposée par la révolution puritaine, les théâtres rouvrent, mais la loi interdit toujours aux femmes de paraître. Des hommes tiennent donc les grands rôles féminins, et l'un d'eux en a fait sa spécialité, sa gloire et son identité. Puis la loi s'inverse, et il perd d'un coup son métier, ses soutiens et l'idée qu'il avait de lui-même.
Le texte de Jeffrey Hatcher, adapté ici par Agnès Boury, Vincent Heden et Stéphane Cottin, traite le sujet du genre sans jamais le plaquer sur l'époque : il part de la question professionnelle, très concrète, et laisse le reste venir. La distribution passe d'un registre à l'autre avec une aisance qui rend crédible ce monde de coulisses, et l'hommage au théâtre est là sans qu'on le déclame.
Une claqueuse y est allée. Elle est revenue en disant que c'était une belle pièce sur notre métier, et c'est exactement ce que j'attendais d'elle.
Le moment où l'on comprend que ce comédien n'a pas seulement perdu son emploi, mais la seule version de lui-même qu'il aimait.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatreonline.com· avoir-alire.com. Les impressions de salle sont les nôtres.