Cent millions de dollars vous attendent. Condition : ressusciter une secte américaine et lui trouver cinq mille fidèles en six mois. Vous prenez ?
Les comédies à pitch me rendent méfiant. Le pitch est souvent excellent sur l'affiche et épuisé au bout de vingt minutes, une fois que la mécanique a livré tout ce qu'elle avait. Celle-ci tient plus longtemps que ça, et c'est déjà une victoire.
Mathias apprend qu'il est l'unique héritier de l'Église véritaniste, une secte américaine mystérieuse. Le magot est là, la clause aussi : relancer la boutique et réunir cinq mille adeptes en moins de six mois. Le spectacle déroule alors la fabrication d'un culte comme on monterait une start-up, avec les mêmes éléments de langage et le même vocabulaire de croissance.
C'est la première pièce de François Aubagnac, montée avec Suzanne Gardeux et des camarades passés par le Cours Florent. On les avait croisés à Avignon, en slips, en train de tracter pour leur spectacle, ce qui annonçait assez bien la couleur. Et ça se voit dans le bon sens : le plateau est plein, la troupe joue vite, et personne n'attend son tour de réplique. Peu de décors, une mise en scène simple, et ça suffit largement : l'histoire embarque, et on ressort avec une envie coupable d'entrer dans la secte. Une partie de la bande a trouvé le rythme un peu inégal sur la fin, l'autre est ressortie enchantée. Nos notes le disent assez clairement.
Une comédie de secte qui parle en fait de management. Je ne suis pas certain que ce soit involontaire.
Le vocabulaire d'entreprise appliqué au recrutement de fidèles, qui devient de plus en plus drôle à mesure qu'il devient plausible.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· agendaspectacles.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.