Quatre personnages coincés dans une boucle temporelle, et un Molière de la comédie à la clé. Le genre de pari qui se casse la figure neuf fois sur dix.
Écrire une boucle temporelle au théâtre, c'est accepter que le public soit toujours en avance sur vous. Il a vu Un jour sans fin, il connaît la règle, et il attend au tournant la scène où vous allez vous répéter une fois de trop.
Mike, le fils du maire Mitchell, est accusé de meurtre. Les preuves sont là, l'avocat véreux de la famille le défend, et deux policiers incorruptibles, Douglas et Carrie, reviennent à la charge. Tous les quatre sont pris dans la même boucle, et chaque tour redistribue ce que chacun sait.
Robin Goupil, qui écrit et met en scène après le succès de No Limit, a compris le vrai problème du genre : la boucle n'est intéressante que si elle change de sens à chaque passage. Il fait donc varier le point de vue plutôt que la situation, et la répétition devient un moteur au lieu d'un frein. La pièce a décroché le Molière de la comédie 2025, ce qui pour ce genre d'exercice n'est pas rien.
Une claqueuse, une note nette. Et la curiosité, chez moi, de savoir combien de versions du texte il a fallu écrire avant celle-là.
Le tour de boucle où la même réplique, dite par le même personnage, ne veut plus du tout dire la même chose.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatre-saint-georges.com· theatredesbeliersparisiens.com. Les impressions de salle sont les nôtres.