Un GI américain, une jeune Française, la Libération, et des retrouvailles soixante-quinze ans plus tard. Tout est raconté par les pieds.
Les claquettes ont un problème d'image en France : on les range du côté du numéro de variété, quelque chose qu'on regarde en attendant la suite. Il suffit d'un spectacle bien construit pour que cette idée tombe.
L'histoire est simple et elle tient debout : la rencontre d'un soldat américain et d'une jeune Française sur fond de Seconde Guerre mondiale et de Libération, puis leurs retrouvailles trois quarts de siècle plus tard. Entre les deux, la narration passe par la danse, claquettes, lindy hop, swing, avec des passages contemporains quand le récit s'assombrit.
Ce qui m'intéresse ici, c'est le choix de faire porter la dramaturgie par le rythme plutôt que par le texte. Un pas plus lourd et l'on comprend qu'on a changé d'époque. Une reprise du même motif à deux vitesses différentes, et l'on comprend que les personnages ont vieilli. C'est une écriture, même si elle ne passe pas par des phrases. Une claqueuse en est sortie les larmes aux yeux, ce qui n'est pas rien pour un spectacle de claquettes : la troupe transmet énormément par la danse, les costumes sont beaux, et la joie est contagieuse. On est plus réservés sur les scènes non dansées, mais ce n'est pas pour elles qu'on vient.
Sortir d'un spectacle avec un tempo dans la tête, ça vaut bien une histoire compliquée.
Le motif de claquettes de la rencontre, rejoué au ralenti soixante-quinze ans plus tard.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après regardencoulisse.com· libretheatre.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.