Jane Austen revisité par les servantes, guitare à la main. On en est ressortis en désaccord sur à peu près tout, sauf sur les voix.
Le meilleur de cette adaptation tient dans son point de vue. Isobel McArthur a eu l'idée de raconter Orgueil et Préjugés depuis l'office : ce sont les servantes qui montent sur le plateau et revisitent le destin de leurs maîtresses, avec le recul qu'on imagine. Johanna Boyé met en scène la version française, traduite et adaptée par Virginie Hocq et Jean-Marc Victor.
Elles sont cinq comédiennes, accompagnées d'une musicienne, et personne d'autre. La distribution est entièrement féminine et la soirée tient autant du concert que du théâtre : les tubes de la pop britannique sont réarrangés et chantés en direct. Elles chantent vraiment bien, et c'est le seul point sur lequel toute la bande est tombée d'accord.
Pour le reste nos avis divergent nettement, alors je donne les deux. Le mien d'abord : l'histoire ne m'a pas emporté autant que je l'espérais, faute de vrais retournements, il m'a manqué du liant entre les scènes, et la dernière partie m'a paru longue.
Une autre claqueuse n'est pas d'accord du tout, et son argument tient debout : reprendre un monument de la littérature dans une version entièrement féminine fait du bien, et ces comédiennes sont épatantes dans tous les rôles, à commencer par les rôles d'hommes qu'elles s'attribuent. Elle y a trouvé le rythme, le chant, la drôlerie, quelque chose de pétillant et de frais que je n'ai pas su voir. Sur ce coup-là, je ne suis pas certain d'avoir raison.
Un autre claqueur en est ressorti bien plus enthousiaste, et je comprends pourquoi : l'énergie est là, les interprètes sont attachantes, et faire cohabiter Austen avec la pop anglaise est un pari franchement culotté. Une soirée sympathique, portée par une belle troupe.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· billetreduc.com. Les impressions de salle sont les nôtres.