Un chef de claque de 1895 doit former de nouveaux applaudisseurs en une heure trente, et ces nouveaux applaudisseurs, c'est vous. Difficile de ne pas en parler ici.
Ce site porte le nom de ce spectacle, ou plus exactement tous les deux portent le nom de la même chose. La claque, c'était ce groupe de spectateurs payés, placés dans la salle, chargés d'applaudir au bon moment et de lancer les bravos. Fred Radix en a fait une comédie musicale, et nous en avons fait une devise. Autant dire que j'y suis allé avec un intérêt personnel.
Nous sommes en 1895. Auguste Levasseur est chef de claque : il dirige une troupe de complices mêlés au public dont c'est le métier d'applaudir. Sauf que son équipe habituelle n'est pas là, qu'il reste une heure et demie avant la première, et qu'il faut donc former de nouveaux claqueurs de toute urgence. Les nouveaux claqueurs, c'est la salle.
L'idée pourrait n'être qu'un prétexte à participation forcée, ce que je redoute par-dessus tout. Il n'en est rien, parce que les interprètes sont d'une polyvalence peu commune : ils jouent, ils chantent juste, ils tiennent un instrument et enchaînent les imitations sans qu'on sente jamais le passage de l'un à l'autre. Le public est tenu en alerte du début à la fin, ce qui est l'inverse de la corvée.
Fred Radix avait déjà tourné six cents fois avec Le Siffleur, et on comprend en le voyant qu'il sait exactement comment on tient une salle. Un régal, et une leçon d'histoire du théâtre déguisée en comédie musicale.
Le moment où l'on comprend qu'on ne va pas regarder la claque, mais en faire partie, et que toute la salle s'y met sans se faire prier.
Vous avez vu ce spectacle ? Applaudissez-le d'ici.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après gaite.com· bluelineproductions.info. Les impressions de salle sont les nôtres.