Une chasse aux sorcières réglée en chansons, dans un décor de cubes qui se déplie comme un livre d'images. J'étais debout avant la fin des saluts.
Autant le dire tout de suite : je suis entré au Buffon en pensant accompagner gentiment un spectacle pour enfants, et je suis ressorti en ayant pris une leçon. Accusée de sorcellerie, Résine s'enfuit avec Claudin et tente de recommencer sa vie au village de Floriboule. L'accueil est chaleureux pendant un quart d'heure. Puis le village se cherche une coupable, et la fable montre ce qu'elle est vraiment venue raconter.
Mathilde Caillavet fait tenir tout ça sur des cubes. Ils deviennent un escalier, l'étal d'une boulangerie, un château, et à la fin un bûcher, sans qu'on ait une seconde l'impression d'un décor bricolé faute de moyens. Les compositions de Martin Pauvert sont vives et colorées, et elles révèlent chez les comédiens des chanteurs qu'on n'attendait pas là. Il y a deux ou trois harmonies vocales qui font taire la salle d'un coup.
Est-ce que tout est parfait ? Non. J'aurais aimé que l'histoire prenne un virage de plus, qu'il arrive au moins une péripétie que je n'avais pas vue venir de loin. C'est ma seule réserve, et elle pèse peu à côté du reste.
Ce que réussit Résine, c'est de parler de la fabrication des coupables à des enfants de sept ans sans jamais leur mentir sur la gravité de l'affaire, et sans cesser une seconde d'être joyeux. Les adultes de la salle avaient très bien compris de quoi il s'agissait. Les enfants aussi, je crois. Je l'ai adoré.
Le fait qu'un spectacle pour enfants ose aller jusqu'au bûcher sans jamais adoucir ce que ça veut dire.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après artistikrezo.com· regardencoulisse.com. Les impressions de salle sont les nôtres.