Un seul-en-scène sur le consentement, qui refuse de donner la réponse qu'on attend. Sujet miné, spectacle courageux, et une bande qui en est sortie partagée.
C'est le genre de spectacle devant lequel on hésite à prendre sa place, et je le dis parce que c'est vrai. Une avocate défend un homme jugé pour ce qu'il a fait subir à une femme, laquelle revendique la liberté d'avoir choisi cette relation, vécue sur le mode du BDSM. Inspiré de faits réels, réservé aux adultes. On sait en entrant qu'on ne va pas passer une soirée confortable.
Solène Collin entrelace le procès et des scènes de la relation, passant de la soumise à son avocat sans transition visible. Le dispositif interroge frontalement le consentement, la soumission consentie, et un système judiciaire qui, croyant protéger les femmes, les priverait parfois de leur liberté intime.
Elle tient le plateau seule et ne se sert jamais du sujet pour faire de l'effet, ce qui était le piège principal. Le spectacle dérange, et c'est manifestement ce qu'il cherche : on ne sort pas de là en parlant d'autre chose. Notre réserve, et je la donne pour ce qu'elle vaut, c'est qu'une partie d'entre nous est restée en dehors, attendant que la parole se déplace et ayant le sentiment de revenir toujours au même point. D'autres y verront l'inverse, et sur un sujet pareil, refuser la réponse est peut-être le seul traitement honnête.
Des débats sont organisés à l'issue de la représentation, et beaucoup restent. C'est une pièce qui empoigne un sujet clivant sans donner de leçon, et je préfère mille fois une œuvre qui prend ce risque à une autre qui ne dérange personne. Au Verbe Fou, à partir de dix-huit ans.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après ultrazonetv.fr· billetreduc.com. Les impressions de salle sont les nôtres.