Un homme, un ring, cinq objets. Stefano Pietro Detassis a une présence dont on ne se débarrasse pas facilement.
Il faut voir la façon dont cet homme se déplace. Stefano Pietro Detassis ne mime pas un boxeur, il bouge comme un boxeur, avec ce report de poids et cette économie que les comédiens attrapent rarement. L'athlétisme n'est jamais un gadget ici : il fait corps avec le récit, et c'est ce qui rend la chose crédible de bout en bout.
Le récit, justement. Deux boxeurs que tout oppose, un ouvrier émigré du Trentin et un champion tunisien déporté, voient leurs carrières brisées par la guerre. La Pequod Compagnia tire de ces faits réels une histoire de résistance ouvrière et antifasciste, qui passe du ring à l'Histoire sans qu'on sente la marche.
Tout repose sur un interprète et quatre ou cinq objets exploités jusqu'à la corde. Cette économie n'est pas une contrainte subie, c'est le geste artistique lui-même : elle distille le spectacle jusqu'à sa forme la plus pure, et le documentaire se met à ressembler à un rêve.
La pièce a été récompensée sur plusieurs scènes européennes et se joue ici en version surtitrée. Elle prouve qu'un plateau nu suffit à faire théâtre, à condition d'y mettre cette intensité-là. À l'Atelier 44.
Vous avez vu ce spectacle ? Applaudissez-le d'ici.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après festivaloffavignon.com· pequodcompagnia.it. Les impressions de salle sont les nôtres.