Un enfant à part, une batterie pour seule boussole. Le genre de valeur sûre dont je me méfie, et qui a raison de moi à chaque fois.
Je me méfie des spectacles qui tournent depuis dix ans. Trop rodés, trop calibrés, on sent la machine. Une vie sur mesure a été vu par des centaines de milliers de spectateurs, repris saison après saison, nommé aux Molières, et il coche toutes les cases de ce dont je me méfie. Il m'a eu quand même.
Adrien est un garçon en décalage avec le monde, pour qui la batterie devient le plus sûr des langages. C'est un texte de Cédric Chapuis, mis en scène par Stéphane Batlle, et l'histoire avance entre humour, tendresse et virtuosité rythmique, sans jamais s'appesantir sur le pathos qui l'attend à chaque virage.
Sur le plateau, l'interprète saute, court, occupe tout l'espace, et la batterie cesse assez vite d'être un instrument pour devenir une extension de son corps, puis un personnage à part entière. La salle se surprend à battre la mesure. Moi aussi, et je ne m'en étais pas rendu compte.
Ce n'est pas un spectacle qui surprend, c'est un spectacle qui tient. La différence est mince mais réelle : ce qui fonctionne ici, c'est la sincérité et la virtuosité, pas l'effet. On applaudit debout, et on ressort avec l'envie de faire swinguer la vie.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après lascala-provence.fr· theatral-magazine.com. Les impressions de salle sont les nôtres.