Un comédien adulte joue une fillette de huit ans qui se prend pour Jean Rochefort. Sur le papier c'est casse-gueule. En salle, c'est bouleversant.
Tout, dans le dispositif, aurait pu mal tourner. Un comédien adulte qui joue une petite Bretonne de huit ans, une moustache magique, une réplique-titre qui pourrait tenir du gag de café-théâtre. Thomas Drelon fait la seule chose qui sauve ce genre de pari : il ne cherche jamais à imiter une enfant, il en devient une.
Rosalie traverse les turbulences de l'enfance jusqu'au jour où cette moustache lui fait voir la vie autrement. « Jean, ça te va bien. » Le texte d'Adèle Fugère aborde par la fantaisie un sujet que la scène ose rarement, l'angoisse de l'enfance, quelque part entre le Petit Nicolas et une Zazie bretonne.
L'écriture est rapide, ciselée, et c'est elle qui donne son tempo au monologue et le pousse vers la libération finale. Autour, la mise en scène de Morgan Perez, la musique de Théo Glaas et les lumières composent un petit monde très juste, à l'échelle de l'intimité de la salle des Béliers.
Le charme du Petit Nicolas est là, et pourtant ça parle aux adultes de bout en bout. On en ressort attendri, avec l'envie très simple d'applaudir longtemps.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après coupsdoeil.fr· festivaloffavignon.com. Les impressions de salle sont les nôtres.