Christian tombe sur une photo de son père en résistant, datée de 1940. Il tire le fil, et le fil ne mène pas où il croit.
Le théâtre qui prend la forme du thriller est un exercice ingrat : sans montage cinéma, sans musique qui monte, il faut fabriquer le suspense uniquement avec des acteurs et des entrées. Quand ça marche, l'effet est plus fort qu'à l'écran, parce que les gens sont vraiment là.
Le point de départ est une photographie. Christian découvre son père en résistant en 1940 et se lance dans une enquête qui le confronte à deux choses en même temps : les secrets de sa famille et les zones d'ombre de l'Histoire. Les deux se contaminent, évidemment, et c'est tout le sujet.
Le dispositif repose sur des comédiens qui passent d'un rôle à l'autre, procédé que j'aime beaucoup quand il est motivé plutôt que décoratif. Ici il l'est : faire jouer le passé et le présent par les mêmes corps dit quelque chose de la façon dont une famille se transmet ses versions. Le spectacle circule beaucoup, du Roi René en Avignon aux salles parisiennes, ce qui est en général bon signe pour une forme légère.
Une claqueuse, une note solide, et le rappel qu'on n'a jamais fini d'ouvrir les tiroirs.
La photo de 1940 qui passe de main en main, et qui ne raconte pas la même chose selon qui la commente.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· lesarchivesduspectacle.net. Les impressions de salle sont les nôtres.