Une famille où tout est en verre, y compris ce qu'on ne dit pas. Le jour de ses quinze ans, Liv reçoit un oiseau, et au matin l'oiseau s'est brisé dans sa main.
On sort de certains spectacles en parlant fort. De celui-là, on sort en se taisant, et je préfère largement ce silence aux ovations bruyantes.
Quelque part dans les mers du Nord, la famille Kilvik vit dans un royaume de verre : la vaisselle, les tables, les murs. À quinze ans, les filles héritent d'une mésange de verre, transmise de sœur en sœur. Liv reçoit la sienne des mains de son aînée, et l'oiseau se casse. Le texte de Léonore Confino et Géraldine Martineau part de là pour aller là où va toujours ce genre de conte, c'est-à-dire dans les secrets de famille.
Alain Batis fait le choix du conte scandinave assumé, avec ce climat de maison calfeutrée qui rappelle Ibsen et Maeterlinck, et le verre y devient un décor et une menace en même temps. Une heure quarante, des fantômes, des cauchemars, et une famille dont on comprend progressivement pourquoi elle a besoin que tout soit transparent. Je note quand même que la forme demande de l'attention : ça ne se regarde pas d'un œil.
Deux claqueurs, deux notes hautes, un accord parfait. Ça n'arrive pas si souvent sur un spectacle exigeant.
La mésange de verre qui se brise dans la paume, et les quinze années de non-dits qui se fissurent avec elle.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après epeedebois.com· artcena.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.