Deux scientifiques prétendent avoir trouvé la méthode infaillible pour gagner n'importe quelle élection. Ils font la démonstration devant vous, et ça marche.
Schopenhauer a écrit un petit traité qui recense les stratagèmes permettant d'avoir raison même quand on a tort. Le transposer au plateau suppose de choisir entre le cours magistral et le numéro. Le spectacle choisit le numéro, et c'est ce qui le sauve.
Maïa Le Fourn et David Guez jouent deux chercheurs qui exposent leur découverte avec le sérieux d'un colloque. Ils déroulent les techniques une à une, la pente glissante, la fausse analogie, l'attaque de la personne plutôt que de l'argument, et ils les illustrent avec des exemples pris dans la vie politique récente. Le public sert de cobaye, ce qui est la meilleure façon de prouver qu'un procédé fonctionne.
C'est là que nos avis se sont franchement séparés. Une claqueuse en est ressortie enthousiaste, en disant qu'elle n'avait jamais vu la rhétorique politique aussi bien démontée. Un autre a trouvé que la forme conférence finissait par prendre le pas sur le théâtre, et que la démonstration se répétait. Les deux ont raison, ce qui est assez cocasse pour un spectacle sur l'art d'avoir raison.
Un cours d'autodéfense intellectuelle déguisé en comédie. À voir avant la prochaine campagne.
Le moment où la salle applaudit un raisonnement qu'on vient de lui prouver être un piège.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après artistikrezo.com· artcena.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.