Un couple débarque chez des amis pour fêter un gain au loto. Les amis, eux, viennent d'apprendre un décès. Personne ne dit la vérité, et ça dure une heure et demie.
Le quiproquo est la plus vieille machine du théâtre comique, et c'est aussi la plus impitoyable : soit le mensonge de départ tient jusqu'au bout, soit on voit la ficelle à la vingtième minute et il ne reste plus qu'à attendre.
Rémi et Julie ont gagné au loto et viennent l'annoncer. Clément et Jessica pensent qu'ils sont là pour les soutenir après un deuil. Le malentendu s'installe, personne ne le corrige, et la situation s'aggrave quand on apprend que le mort n'est pas tout à fait mort et qu'il pourrait être sauvé avec l'argent. Le duo des Décaféinés joue ça avec Florence Brunold, dans une mise en scène de Luq Hamett, patron du Théâtre Edgar.
Le métier est là, et il faut le dire : le rythme ne faiblit pas, les comédiens tiennent la salle, et les répliques tombent. Notre réserve tient à ce qu'on a anticipé assez vite les étages du mécanisme. Le public, lui, était hilare du début à la fin, et c'est une donnée qui compte autant que notre avis : ce théâtre-là fait très exactement ce qu'il promet, et il le fait devant une salle conquise. C'est de la comédie de boulevard revendiquée, avec ce que ça suppose de conventions.
Le Théâtre Edgar sait faire ça depuis quarante ans. Le public rit, et c'est le contrat.
Le moment où le mort redevient sauvable, et où la question d'argent transforme le quiproquo en vrai dilemme.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatre-edgar.com· offi.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.