On m'a demandé un jour de parler au mariage de quelqu'un. J'ai dit oui trop vite, et j'ai passé trois semaines à le regretter. Ce spectacle raconte exactement ces trois semaines.
Il y a une catégorie de terreur intime dont personne ne parle sérieusement : celle du type qui doit prendre la parole devant quarante personnes qui l'ont connu enfant. Fabcaro en a fait un roman, Simon Astier en a fait une heure et demie de plateau, et je suis sorti avec la sensation désagréable d'avoir été lu à voix haute.
Adrien a quarante ans, sa copine lui a demandé une pause, et son futur beau-frère lui demande un discours pour le mariage de sa sœur. À partir de là tout se passe dans sa tête, autour d'une table de repas de famille dont il ne bouge presque pas. Le décor tient en quelques éléments, les autres convives existent uniquement parce qu'Astier les fait exister, et le téléphone posé devant lui devient l'objet le plus menaçant du plateau.
Ce qui me sidère techniquement, c'est la vitesse des bascules. Il passe du dialogue de table au monologue intérieur en une fraction de seconde, sans changement de lumière pour l'aider, juste par un déplacement du regard et un changement de débit. J'en ai vu beaucoup se casser les dents sur cet exercice. Lui tient le fil pendant tout le spectacle, et la salle rit à des endroits où elle se reconnaît, ce qui n'est pas le même rire que d'habitude.
Une claqueuse de la bande en est ressortie avec l'une des meilleures notes de tout notre tableur parisien. Je la comprends.
Le moment où il relit sa première phrase de discours pour la douzième fois, et où toute la salle comprend qu'elle a déjà fait ça.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· theatredelarenaissance.com. Les impressions de salle sont les nôtres.