Le Journal de Lagarce, de ses vingt ans à trois jours avant sa mort. Vincent Dedienne le porte seul, avec un iPad et un crayon.
Le titre est un mensonge, évidemment, et c'est là que tout commence. Un homme écrit pendant dix-huit ans qu'il ne lui arrive rien, alors que tout lui arrive.
Le montage court du 9 mars 1977, Lagarce a vingt ans, au 27 septembre 1995, trois jours avant sa mort du sida. Ce sont des notes de travail, des humeurs, des comptes d'apothicaire de compagnie, des colères contre les institutions, et cette voix reconnaissable entre toutes qui répète et se reprend. Dedienne y joue aussi Louis, le frère silencieux de Juste la fin du monde, ce qui fait des deux spectacles un diptyque.
Johanny Bert a trouvé un dispositif que je n'avais pas vu ailleurs : des dessins réalisés à l'iPad en direct pendant la représentation, projetés au fur et à mesure. Sur le papier ça sent le gadget. En salle, ça donne au texte une main qui écrit en même temps qu'une bouche parle, et c'est cohérent avec un journal intime. Soixante minutes, pas une de plus.
Une seule claqueuse, une note mesurée. C'est un spectacle qui demande de connaître un peu l'auteur pour tout recevoir, et ça se défend.
Les dessins qui apparaissent à mesure que la phrase se dit, comme si le journal se réécrivait sous nos yeux.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après artcena.fr· offi.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.