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Affiche de Tout le bleu du ciel

Théâtre · La Pépinière Théâtre

Tout le bleu du ciel

Grosse claque

D'après le roman de Mélissa Da Costa, adaptation et mise en scène Mikaël Chirinian, avec Blanche Sottou, Audran Cattin et Laetitia Franchetti

Dossier : Théâtre à Paris

À la fin, je voulais me lever pour applaudir debout. Je n'ai pas pu : je pleurais trop pour en avoir la force.

Ça ne m'était jamais arrivé au théâtre, et je le raconte parce que ça dit mieux le spectacle que n'importe quel adjectif. La lumière revient, une bonne partie de la salle s'essuie les yeux, et moi je reste assis, les mains qui applaudissent sans que le reste du corps suive. La claqueuse qui m'accompagnait n'était pas en meilleur état. On s'est regardés sans rien dire.

Mikaël Chirinian adapte le roman de Mélissa Da Costa, paru en 2019. Émile a vingt-six ans et sait que la maladie va lui prendre la mémoire. Plutôt que d'attendre, il choisit de vivre fort et part sur les routes en camping-car avec une inconnue, Joanne, dont on ne sait presque rien. Sur le plateau, des rochers, un grand écran où défilent les ciels et les chemins, un van miniature, une maison de poupée. Le voyage tient dans ces quelques objets, et ça suffit largement.

Les trois comédiens sont formidables, Audran Cattin en Émile, Laetitia Franchetti qui complète le trio, mais je dois une mention spéciale à Blanche Sottou. Sa Joanne se livre par toutes petites touches, un regard, un silence, une phrase lâchée à contretemps, et c'est elle qui m'a emporté. Viennent aussi des moments chantés que je n'attendais pas et qui sont d'une justesse rare : le voyage s'arrête, le temps avec lui, et on flotte quelques minutes hors de l'histoire avant d'y retomber.

Le spectacle dure une heure vingt et je l'ai traversé comme un tourbillon, d'une seule traite. La fin arrive exactement au bon moment. C'est un dernier coup de poignard, et il vous prend aux tripes alors que vous pensiez avoir déjà tout donné. Nous étions deux, d'accord sans avoir besoin d'en discuter. Emportez des mouchoirs.

Le moment qu'on garde

Le dernier tableau, puis la salle qui se rallume sur des visages mouillés.

Grosse claque

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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatrelapepiniere.com· offi.fr· coupsdoeil.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.

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