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Affiche de Cyrano de Bergerac

Théâtre · Comédie-Française

Cyrano de Bergerac

Grosse claque

D'Edmond Rostand, mise en scène Emmanuel Daumas, Comédie-Française

Dossier : Théâtre à Paris

La seule note maximale que la bande ait mise à un classique. Sur un texte que tout le monde croit connaître, c'est presque plus difficile que sur une création.

Cyrano fait partie de ces pièces qu'on a entendues avant de les voir. La tirade du nez circule dans les cours de récréation, le « non merci » se récite en cours d'art dramatique, et on arrive dans la salle avec une version déjà installée dans la tête. Le vrai enjeu d'une mise en scène, c'est de déplacer cette version-là.

Emmanuel Daumas signe pour la Troupe une lecture qui passe par une bande de jeunes cadets gascons interprétant tous les rôles, dans un dispositif qui évoque le théâtre aux armées de La Grande Illusion. Cela produit un effet baroque et volontairement illusionniste : on voit des acteurs qui jouent à jouer, ce qui va plutôt bien à un personnage dont toute la vie consiste à parler à la place d'un autre.

Ce que ce parti pris règle, et c'est là que je trouve le geste intelligent, c'est le problème du panache. Joué au premier degré, Cyrano vire vite à la statue. Passé par cette troupe de bidasses qui se répartissent les rôles, il redevient un type qui bricole une identité avec les moyens du bord, et les alexandrins arrêtent de sonner comme un monument.

Une claqueuse a mis dix. Elle en parle encore.

Le moment qu'on garde

Le moment où les cadets se repassent les rôles, et où l'on comprend que le panache est un costume qu'on peut prêter.

Grosse claque

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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après comedie-francaise.fr· journal-laterrasse.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.

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