Le deuxième volet du cycle qui nous avait bluffés avec Chirac. Moins de rire, plus de mélancolie, et le fil de quarante ans tenu de bout en bout.
On a découvert cette équipe avec son Chirac, à Avignon, et on en était sortis sonnés. Génération Mitterrand appartient au même cycle, « Huit rois (nos présidents) », signé Léo Cohen-Paperman et Émilien Diard-Detoeuf, et c'est une tout autre affaire.
Ici, le président n'est presque pas là. La pièce regarde ceux qui ont cru en lui : Marie-France, journaliste à Paris, Luc, professeur à Vénissieux, Michel, ouvrier à Belfort. Ils ont fait Mai 68, ils ont voté Mitterrand en 1981, et en 2022 ils ont voté respectivement Macron, Mélenchon et Le Pen. Tout le sujet tient dans cet écart-là.
Deux comédiens portent l'ensemble, et il y a de très beaux moments. Il faut savoir en revanche que le rythme est nettement plus lent que dans les autres volets, et qu'on rit peu. Ce n'est pas un défaut d'exécution, c'est un choix : la pièce se range du côté de la désillusion, pas de la satire.
Ce que je retiens, c'est la clarté avec laquelle le fil de ces quarante ans est tenu sans qu'on décroche jamais. On ressort en comprenant mieux comment un espoir collectif se défait, ce qui n'est pas rien pour une soirée de théâtre.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après journal-laterrasse.fr· theatre13.com. Les impressions de salle sont les nôtres.