Michalik prend le sujet le plus miné du moment et refuse de le traiter en tribune. Il en fait une aventure, avec des rebondissements et des rires, et ça fonctionne.
J'avais un doute en entrant, et je le dis franchement. Un spectacle sur les migrants écrit par un auteur à succès, joué dans un théâtre privé du boulevard, ça pouvait tourner à la bonne conscience payante. Ce n'est pas ce qui arrive.
Issa est érythréen, il a été laissé pour mort dans la jungle de Calais, et il a perdu la mémoire. Il lui reste un passeport, donc un nom, donc un début de piste. Le spectacle suit sa quête d'un titre de séjour à travers les guichets, les files d'attente et les compagnons de galère, et Michalik y déploie le dispositif qu'il maîtrise le mieux : une distribution nombreuse qui joue vingt rôles, des transitions au cordeau, un plateau qui se transforme sans qu'on voie jamais le mécanisme.
Ce qui m'a retenu, c'est qu'il ne cherche pas à faire pleurer. Les scènes administratives sont drôles à force d'être absurdes, et c'est précisément cette drôlerie qui rend la chose supportable, donc regardable. Le récit avance à une vitesse de série télé, on ne décroche pas, et la démonstration se fait sans qu'on ait eu l'impression d'assister à une démonstration.
Deux claqueurs y sont allés, aucun n'a émis de réserve. C'est rare pour un spectacle qui parle de ça.
La file d'attente de préfecture rejouée au plateau, où l'absurde administratif devient un numéro de troupe.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatredelarenaissance.com· offi.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.