Une femme aime le fils de son mari, elle le sait, elle sait aussi que c'est impossible, et elle le dit quand même. Le reste de la pièce n'est que la conséquence de cet aveu.
J'ai un souvenir de lycée assez pénible de cette pièce, celui d'un texte qu'on découpe en hémistiches au tableau. Puis on la voit jouée par quelqu'un qui la porte vraiment, et on comprend qu'on avait affaire à un thriller.
Tout est déjà joué au lever de rideau. Phèdre aime Hippolyte, le fils de Thésée. La rumeur de la mort de Thésée libère la parole, l'aveu sort, et Thésée revient. À partir de cet instant, la mécanique ne peut plus s'arrêter, et chaque personnage accélère sa propre perte en croyant l'éviter.
Ce que le plateau révèle et que la page cache, c'est l'endurance que ce rôle réclame. Phèdre parle en alexandrins pendant des scènes entières, en état de fièvre, sans jamais pouvoir se reposer sur un partenaire, et il faut que chaque vers reste compréhensible pour quelqu'un qui découvre l'histoire. Peu de rôles du répertoire coûtent aussi cher à celle qui le tient.
Une claqueuse, une très bonne note, et un texte de 1677 qui n'a rien perdu de son avance.
L'aveu, et le silence qui suit dans la salle, parce que tout le monde sait ce qu'il vient de coûter.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· lascala-paris.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.