Une batterie au centre du plateau bat d'abord le tempo de la chaîne, puis celui de la révolte. Tout le spectacle est là-dedans.
Il y a une batterie au milieu du plateau, jouée en direct, et c'est la meilleure idée du spectacle. Elle bat d'abord le tempo du travail à la chaîne, régulier, abrutissant. Puis, à mesure que la colère monte dans l'atelier, elle change de rythme. On comprend l'état du rapport de force à l'oreille avant de le comprendre par le texte.
Émile a obtenu un aménagement de peine : l'usine le jour, la cellule la nuit. Sauf que l'usine qui l'embauche est sur le point d'être délocalisée. Pour se sauver lui-même, il n'a plus qu'une option, devenir le meilleur des syndicalistes et se présenter comme délégué pour défendre la boîte, ses collègues, et peut-être le pays. Le texte est de Samuel Valensi.
Ils sont cinq et font surgir une vingtaine de personnages dans une mise en scène qui ne s'arrête jamais. On rit franchement, les quiproquos sont souvent irrésistibles, et sous le rire affleure en permanence une réalité tragique. C'est tout l'art de la pièce que de les faire tenir ensemble sans que l'un annule l'autre.
C'est le spectacle qui a mis presque tout le monde d'accord chez nous, ce qui n'arrive pas souvent. Sincère, généreux, porté par des interprètes formidables et un rythme qui ne retombe pas.
Cinq comédiens qui font tenir une usine entière, ses ateliers et ses réunions syndicales, sur un plateau nu.
Vous avez vu ce spectacle ? Applaudissez-le d'ici.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après festivaloffavignon.com· linfotoutcourt.com. Les impressions de salle sont les nôtres.