Le spectacle qui a lancé Michalik tourne depuis 2012 et a dépassé les quatre mille représentations. On est allés vérifier ce qui tient encore.
Voir tardivement un spectacle devenu une institution est un exercice particulier : on ne le découvre pas, on l'évalue. C'est injuste, et c'est pourtant ce qui s'est passé dans ma tête pendant la première demi-heure.
Martin Martin enterre son père dans les Ardennes et tombe sur un manuscrit qui l'expédie dans une chasse au trésor littéraire, entre le désert algérien, la France d'aujourd'hui, la réécriture de l'Histoire et le fantôme d'Alexandre Dumas. Cinq comédiens tiennent des dizaines de rôles en une heure quarante, avec presque rien : quelques chaises, des changements à vue, et une confiance totale dans la parole.
C'est cette économie de moyens qui reste la vraie leçon du spectacle. Tout ce qui coûte cher, décors, machinerie, effets, a été remplacé par le montage et par le jeu, ce qui explique aussi pourquoi il a pu tourner de San Francisco à Beyrouth. La contrepartie, et l'un de nous l'a ressentie plus que l'autre, c'est que je vois désormais un peu les ficelles d'un procédé beaucoup réemployé depuis, ce qui est le prix à payer quand on arrive après tout le monde.
Quatre mille représentations plus tard, le moteur tourne encore. Ce n'est pas rien.
Les changements de lieu à vue, où l'on passe du désert à un salon des Ardennes sans qu'on ait bougé un meuble.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatremontparnasse.com· tpa.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.