Michalik en prison, avec un bruiteur au bord du plateau qui fabrique les murs en direct. Redoutablement efficace.
Le meilleur de ce spectacle est assis sur le côté et ne dit pas un mot. Killian Rebreyend est là, au bord du plateau, et il bâtit en direct les bruits de portes qui construisent la prison, le piano de l'enfance, la nappe sourde de la ville. Vous avez beau le voir faire, ça marche. C'est peut-être la chose la plus théâtrale que j'aie vue cette année.
L'histoire est signée Alexis Michalik. Richard, metteur en scène sur le déclin, vient donner son premier cours de théâtre en prison. Deux détenus seulement se présentent, Kevin la tête brûlée et Ange le taciturne, épaulés par une ancienne comédienne et une assistante sociale débutante. À partir de là, les récits s'emboîtent à travers le temps et l'espace, comme toujours chez lui, pour célébrer le pouvoir libérateur de la parole.
L'esthétique est minimale et mobile : quelques perruques, des costumes de fortune, un pan de mur sur roulettes qui suffit à dessiner l'espace carcéral. Les acteurs se changent à vue avant d'aller s'asseoir en fond de scène. Rien n'est caché, et l'illusion n'en souffre pas, au contraire.
Michalik obtient son effet non pas avec le plus de moyens, mais avec le plus de théâtre. La mécanique ne connaît pas de temps mort et l'émotion arrive toujours par un angle qu'on n'avait pas surveillé. Une valeur sûre, et pour une fois l'expression n'est pas un reproche.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après chenenoir.fr· pianopanier.com. Les impressions de salle sont les nôtres.