Le Collectif Nox jette le mythe d'Hercule dans l'arène des réseaux sociaux. On est sortis de là en se disputant, ce qui est plutôt bon signe.
On sait au bout de trois minutes que celui-ci ne fera rien à moitié. Des structures grises et réfléchissantes, manipulées à vue par les comédiens, se referment lentement en un grand masque d'acier. Des colonnes de tulle descendent, des cascades de fils rouges tendent le plateau comme les fils d'un destin qu'on aurait rendu visible. Je ne me souviens pas d'avoir vu une machine de plateau aussi ambitieuse dans une salle de cette taille.
L'idée de départ est excellente. Hercule est retrouvé amnésique près du corps de sa femme Mégara, aussitôt accusé de féminicide, jugé par un tribunal populaire filmé en direct par une journaliste et son cadreur. Ses douze travaux deviennent une peine à purger devant les caméras. La partition live de Kevin Abgrall, quelque part entre le baroque et le rock, fait passer les interprètes du jeu au chant sans qu'on voie jamais la couture.
Toute la bande n'est pas d'accord et je préfère le dire. Une partie d'entre nous a trouvé que le spectacle en faisait trop, que le show finissait par manger le propos et que la démonstration se voyait de loin. Une autre est ressortie en parlant du plus beau moment de son festival. Je suis du côté des convaincus, mais je comprends l'objection : Nox joue gros, très fort, tout le temps.
Reste que sous le fracas il y a un vrai sujet, la meute, la culpabilité, ce qu'une époque fait de ses coupables. Après Mercutio, le collectif change carrément de format et tient la distance. À voir, ne serait-ce que pour la voix de la Nymphe et pour ce masque d'acier qui se referme.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après rmtnewsinternational.com· billetreduc.com. Les impressions de salle sont les nôtres.