Une humoriste a fait un sketch méchant sur sa mère. Trois ans plus tard, elle revient déjeuner à la maison. C'est le jour de la fête des mères.
Le dispositif m'a attrapé avant même la première réplique, parce qu'il pose une question que tous les gens qui montent sur scène se sont posée un jour : jusqu'où a-t-on le droit d'utiliser sa famille comme matériau ?
Louise a quitté la prépa maths sup pour faire du stand-up, et elle parle des siens dans son spectacle. Après un sketch trop dur sur sa mère, le silence s'est installé pour presque trois ans. À court d'inspiration, elle revient pour le grand rendez-vous familial. Il y a là ses frères Gabriel et Ziggy, et les pièces rapportées, Arthur et Florence, et l'appartement se remplit vite.
Ce qui fonctionne, c'est que la pièce refuse de choisir un camp. La mère n'est pas un monstre, la fille n'est pas une victime, et les frères et sœurs occupent cette place très juste de gens qui savent tout et qui ne diront rien. Adèle Royné et Vincent Gardet écrivent des dialogues qui se recouvrent, où l'on parle sans écouter et où l'on se comprend sans parler, et c'est exactement le bruit d'un repas de famille.
Deux claqueurs, deux notes hautes, et une discussion de trottoir qui a duré plus longtemps que d'habitude après la sortie.
Le moment où la fratrie se comprend d'un regard, pendant que les pièces rapportées cherchent encore de quoi on parle.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· theatredegrasse.com. Les impressions de salle sont les nôtres.