Un couple ordinaire, souriant dehors, méconnaissable une fois la porte fermée. Le spectacle parle des violences conjugales, et il ne prend aucune précaution.
Certains spectacles se jugent mal avec les outils habituels, et celui-ci en fait partie. On peut discuter d'une mise en scène ou d'un rythme. On discute plus difficilement d'un sujet pareil, porté par des gens qui y croient manifestement beaucoup.
Karim Kaï écrit et joue, aux côtés de Laëtitia Le Bars, dans une mise en scène de Joseph Morana. On voit d'abord ce que tout le monde voit : un couple normal, à la boulangerie, au restaurant. Puis la porte de l'appartement se referme, les masques tombent, et le spectacle installe le cycle qu'on connaît par les campagnes de prévention, avec les excuses, les promesses et les recommencements.
Notre claqueuse en est ressortie très éprouvée, et sa note dit d'abord cela : elle n'a pas supporté l'endroit où le spectacle la plaçait. Sur un sujet aussi frontal, la frontière entre le nécessaire et l'insoutenable se déplace d'un spectateur à l'autre, et personne ici ne prétend savoir où elle devrait tomber.
Un spectacle nécessaire, qui ne nous a pas trouvés ce soir-là. Il en trouvera d'autres.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après offi.fr· talentplus.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.