En 1518, Strasbourg a connu une épidémie de danse. Théo Bianconi la transpose aujourd'hui et en tire une fable politique franchement étrange.
L'histoire vraie est déjà un excellent point de départ : en 1518, des habitants de Strasbourg se sont mis à danser sans pouvoir s'arrêter. Théo Bianconi et la Ménagerie de l'Improbable transposent l'épisode dans une ville d'un pays anonyme, aujourd'hui. Une personne danse, jour et nuit, sans boire ni manger. La transe gagne la rue, puis le pays entier.
Ils sont six sur le plateau, comédiens, danseurs et un musicien, dans une galerie sombre et scintillante. Le spectacle mêle des débats grinçants, des chansons, de la poésie et des tentatives de coup d'État, et la question qu'il pose ne quitte jamais la scène : comment diriger un pays qui prend l'eau, comment naviguer sur un bateau percé ?
Il y a des longueurs, je ne vais pas prétendre le contraire. Le dispositif demande de la patience et tout ne se justifie pas dans le dernier tiers. Mais l'idée est forte et elle est tenue jusqu'au bout, ce qui est plus rare qu'on ne croit.
Et puis il y a cette grosse montée techno qui fait basculer la salle, et une chanson qui reste en tête bien après. Une jeune troupe du Tremplin dont l'énergie finit par nous contaminer, ce qui, vu le sujet, tombe plutôt bien.
La belle image du masque qui resplendit au milieu de la galerie sombre, et qu'on revoit longtemps après.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après danserconjurerlesort.fr· bouffontheatre.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.