Une enquête de Florence Aubenas dans un hypermarché, portée au plateau entre théâtre documentaire et cabaret. Le rayon surgelé comme théâtre de société.
Adapter du journalisme au théâtre pose toujours le même problème : le reportage est déjà écrit, déjà construit, et le plateau risque de n'être qu'une lecture avec des costumes. Il faut donc que la scène apporte quelque chose que la page n'avait pas.
Le matériau vient des articles de Florence Aubenas parus dans Le Monde en 2019, une immersion dans un hypermarché où le directeur, les salariés et les clients racontent leur vie ordinaire. Gilles Ostrowsky, qui vient du clown, signe l'adaptation, Audrey Bertrand la mise en scène, et le trio au plateau passe d'un personnage à l'autre entre deux rayons.
Ce que le clown apporte au document, c'est précisément ce qui manquerait à une lecture : une distance qui autorise le rire sans se moquer de personne. Le bac anti-gaspi devient un décor de comédie, la solitude des caisses devient un numéro, et l'indignation passe mieux par là que par un réquisitoire. Nos deux notes restent mesurées, parce qu'on a parfois perdu le fil dans l'alternance des registres.
Un supermarché comme miroir social. L'idée est juste, l'exécution donne envie de suivre la compagnie.
Le rayon surgelé transformé en scène de théâtre, avec les mêmes néons et les mêmes silences.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après labandealeon.fr· journal-laterrasse.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.