Deux candidates à la présidentielle déclarent la guerre au plaid et au scroll. Le programme est absurde, et j'ai eu la désagréable impression d'être visé.
Le principe est un meeting. Faustine Astruc et Esther Coudreau se rêvent co-présidentes en 2027 et viennent défendre leur parti, « Anti-Cocon ». L'ennemi désigné n'est ni un adversaire politique ni une classe sociale : c'est le plaid, le scroll infini, le réflexe Netflix, le repli confortable qui nous tient tous. J'ai passé une bonne partie du spectacle à me sentir personnellement mis en cause.
Elles croisent le théâtre et le stand-up dans un faux discours de campagne mené au pas de charge, et elles ne s'arrêtent pour ainsi dire jamais. C'est cette énergie physique, autant que les vannes, qui emporte l'adhésion : deux corps en mouvement permanent sur un plateau, ça produit un effet que le stand-up assis n'obtient jamais.
L'humour est d'actualité et vise juste sur nos renoncements. Le programme, lui, est absurde et nécessaire à la fois : réhabiliter le collectif et le goût de l'inconnu contre l'individualisme du canapé. On sent le spectacle rodé devant le public parisien avant de descendre, l'écriture est au scalpel et les silences sont calibrés.
Ce que je retiens surtout, c'est leur complicité. Elles se relancent sans jamais se marcher dessus, ce qui est le plus difficile à deux. Deux tempéraments comiques qu'on aura plaisir à recroiser.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après billetreduc.com· festivaloffavignon.com. Les impressions de salle sont les nôtres.