Sarkozy en stand-up, Hollande en clown, et puis quelqu'un d'autre entre en scène et fait basculer toute la soirée.
On croit savoir où on va. Deux présidents de la Ve République rejouent dix ans de vie politique française, de la crise économique au mariage pour tous, de Carla Bruni aux attentats. Nicolas Sarkozy est incarné en comique de stand-up, François Hollande en clown voué à l'échec. C'est drôle, c'est efficace, et on se dit qu'on a compris le programme.
Sauf que ce n'est pas un seul-en-scène, c'est un trio, et la dernière partie change complètement de régime. Leïla Merabet, jeune femme née à Livry-Gargan et devenue figure de Marianne, s'empare du plateau pour un monologue-fleuve d'un quart d'heure. Quinze minutes d'affilée, sans le moindre accroc, et avec du fond. C'est la vraie prouesse de la soirée.
Ce basculement est ce qui distingue le spectacle d'une simple revue satirique. Sarkozy fait rire, Hollande émeut par sa maladresse, et puis le regard se déplace vers ceux qu'on n'entend jamais dans ces dix ans-là. La salle est cueillie exactement là où elle ne surveillait rien.
Le texte est cosigné par l'équipe du cycle « Huit Rois », celle-là même qui nous avait déjà bluffés avec son Chirac. Une comédie identitaire brillante, formidablement interprétée, qui montre nos présidents impuissants sans jamais tomber dans le tract.
Hollande en clown voué à l'échec, dont la maladresse finit par devenir franchement touchante.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après festivaloffavignon.com· journal-laterrasse.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.