Un chômeur bombardé président par un algorithme : la satire de Navaquesera embrasse large et vise juste.
En plein dîner de famille, Casimir, chômeur cabossé, apprend par le présentateur du journal télévisé qu'un algorithme l'a désigné futur président de la République. Commence une odyssée hallucinée à travers une France fragmentée, de l'université à l'hôpital, où l'imagination livre bataille à une rationalité froide et robotique. Le texte est signé Élie Salleron.
Un comédien tient Casimir de bout en bout pendant que les cinq autres jonglent entre une foule de rôles, sur une scénographie faite de bric et de broc, chaises et table récupérées. La proposition assume la surenchère et le grand n'importe quoi, et c'est cette énergie de troupe qui la porte.
Les avis se partagent, et c'est bon signe : là où certains pointent une satire un peu large, on retient surtout la générosité d'un théâtre qui préfère tenter trop plutôt que pas assez, et le talent de son interprète principal. Une comédie-fleuve qu'on quitte le sourire aux lèvres.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après festivaloffavignon.com· bertrandferrier.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
