Molière rendu au théâtre de tréteaux, dans une farce virevoltante où six comédiens en incarnent vingt. Un régal d'artisanat.
Simon Falguières et la compagnie Le K racontent la vie et la mort de Molière comme on jouait autrefois sur les places : sur des tréteaux de bois, un vieux rideau, un théâtre inventé à vue où maquillages et costumes apparaissent à chaque changement. Six comédiens y traversent une vingtaine de rôles, de la rencontre avec Madeleine Béjart aux fastes de la cour de Louis XIV.
Le parti pris fait mouche : autour d'un jeu de bateleur outrancier, guitare, emphase et masques, une comédienne incarne Molière en femme, en jean et polo, dans un registre naturaliste qui fait soudain surgir l'émotion pure. Ça court, ça change de masque à vue, et le dispositif volontairement pauvre remet le jeu au centre.
Voilà une création qui honore la liberté joyeuse de l'artisanat théâtral, et confirme en Falguières un surdoué capable de tout dire sans effets. On sort de là avec l'envie de remercier tous ceux qui montent sur des planches, ce qui reste le plus beau compliment pour un spectacle sur Molière.
Le talent pur, tout simplement : la vitesse à laquelle chaque comédien passe d'un personnage à l'autre sans jamais qu'on décroche.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatredutrainbleu.fr· journal-laterrasse.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
