Cinquante danseurs, des dizaines de bras, et une illusion d'optique qui tient tout le spectacle. On appelle ça une murmuration parce que c'est le nom du vol groupé des étourneaux.
Je suis assez peu client des spectacles qui reposent sur un effet. On l'admire cinq minutes, puis on attend la suite. Ici l'effet est le sujet, et il tient une heure et quart.
Sadeck Berrabah travaille le popping et le tutting, ces techniques où l'articulation se déplace seule pendant que le reste du corps reste immobile. Il les applique à un groupe de cinquante interprètes assis en rangs, et les bras se mettent à circuler d'un bout à l'autre du plateau comme une vague qui ne casse jamais. On ne voit plus des danseurs, on voit une seule créature à cent bras.
La création remonte au 13e Art en 2023 et a rassemblé plus de cent cinquante mille spectateurs depuis. Ce qui me frappe, c'est ce que ce dispositif exige : chaque interprète n'exécute qu'une fraction de geste, dont l'intérêt n'apparaît que si les quarante-neuf autres tombent exactement au même instant. Personne ne peut se rattraper, personne ne peut briller seul. C'est l'inverse absolu du solo.
Une seule claqueuse y est allée, et elle en est revenue avec des étoiles. Considérez que c'est une piste qu'on vous file.
La première vague de bras qui traverse les cinquante danseurs, et la seconde où l'œil renonce à compter.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après murmuration-lespectacle.com· offi.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.