Le vertige d'Ionesco sur un roi qui refuse de mourir. Un texte immense, qu'on est toujours heureux de retrouver.
Le roi Bérenger Ier s'obstine à ignorer sa fin tandis que son royaume s'effondre autour de lui. Ionesco signait là, en 1962, une tragi-comédie vertigineuse sur la mort et le pouvoir, l'une de ces œuvres dont on ne fait jamais le tour.
Le OFF en propose plusieurs relectures, de la plus crépusculaire à la plus rock, preuve qu'un texte pareil se prête à toutes les audaces. Quelle que soit la mise en scène, l'essentiel demeure : entendre cette langue résonner sur un plateau, suivre Bérenger dans sa lutte dérisoire contre l'inéluctable, tient déjà du cadeau.
Les interprètes s'emparent d'une matière redoutable, et le texte, lui, garde une puissance intacte. On en ressort remué, l'envie chevillée de rouvrir la pièce le soir même.
Cette ritournelle qui tourne en boucle et résume toute la pièce : « Tout doit survivre. Non, tout doit mourir. Non, tout doit survivre. »
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après festivaloffavignon.com. Les impressions de salle sont les nôtres.
