Hugo transposé en 2093 par une jeune compagnie intrépide. L'adaptation la plus casse-cou de notre sélection.
La compagnie Les Fouillons s'empare du dernier roman de Victor Hugo et le projette au 20 octobre 2093, dans une France en guerre civile sous surveillance totale : une intelligence artificielle règle le quotidien, une police brutale écrase toute dissidence. La technologie et l'idéologie ont remplacé la guillotine sans désarmer les mécanismes de la Terreur.
Dans une mise en scène olympienne, froide et inquiétante, aux costumes soignés, les jeunes comédiens se dédoublent, un même interprète passant de Gauvain à Marat, de la mère à Robespierre, pour désamorcer tout manichéisme. L'oppression naît de l'atmosphère plus que des gadgets.
La transposition est réussie, les jeunes comédiens intenses, à vif et tendus, et le spectacle a tous les arguments pour se faire remarquer. La Révolution n'est pas morte, dit la pièce, elle a seulement changé de visage. Adapter un roman réputé intransposable relève de l'audace pure, et on préfère mille fois cette prise de risque à la sagesse convenue.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après bullesdeculture.com· culture-tops.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
