Une épopée post-apocalyptique vécue au casque, seul au milieu des autres. C'est le spectacle qui a le plus divisé la bande, et de très loin.
Je dois commencer par là, parce que ce serait malhonnête de faire autrement : aucun spectacle du festival n'a produit chez nous des réactions aussi éloignées. L'un d'entre nous en est ressorti transporté. Un autre n'a pas réussi à entrer dedans du tout. Il n'y a pas eu de position intermédiaire.
Le dispositif explique en grande partie l'écart. Vous avez un casque sur les oreilles, et vous suivez un survivant en quête d'un signal radio dans un monde dévasté. Le récit passe par le slam, le rap, la poésie et la dark pop, dans une immersion à 360 degrés qui mêle musique, vidéo et science-fiction. Vous êtes assis avec les autres, et vous êtes complètement seul.
Tout dépend donc de votre capacité à lâcher prise. Si le casque vous isole vraiment, l'univers sonore devient plus réel que ce que vous avez sous les yeux, et l'expérience est saisissante. Si une partie de vous reste à l'extérieur, vous passez une heure à regarder quelqu'un faire quelque chose que vous ne vivez pas.
Axel Ized et le collectif Conscience 2.0 parlent d'exclusion, de technologie et de résilience, et ils inventent une forme là où beaucoup se contentent des sentiers battus. C'est ce geste que je salue en premier. À vivre plutôt qu'à voir, et sans garantie.
L'idée qu'on puisse être assis au milieu d'une salle pleine et vivre un spectacle strictement seul.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après debridetapuce.fr· festivaloffavignon.com. Les impressions de salle sont les nôtres.