Une pièce de monnaie lancée par un spectateur décide de la vie des personnages. Vous ne verrez pas le même spectacle que moi.
« Aucune représentation ne ressemble à la précédente. » On m'a déjà fait le coup, et en général cela veut dire qu'on improvise trois répliques avant de repartir sagement sur les rails. Ici, non. Adélie et Eliott confient réellement chaque décision de leur vie au hasard d'un pile ou face tenu par un spectateur, et le récit bifurque pour de bon.
La conséquence, c'est que les comédiens doivent être prêts à tout, et c'est là que le spectacle se gagne. La réactivité du duo face au hasard devient le moteur de la soirée, avec la fraîcheur pêchue d'Élisa Birsel qui répond à la pétillance malicieuse de son partenaire. On les voit encaisser le résultat et repartir, et c'est très beau à regarder.
Peter Dervillez met tout cela en scène du côté de Jeunet et de Dupontel, avec des projections pleines d'engrenages et d'horloges mystérieuses. Il y a un échange qui nous est resté : « ma mère a disparu, tu ne peux pas comprendre », « je n'ai jamais connu ma mère », « ah, si, alors tu comprends ».
On assiste à une pièce éphémère qui n'existera jamais deux fois, et le public y gagne un vrai sentiment d'appartenance. Malin, généreux, joliment mené. Allez-y, et lancez la pièce vous-même si on vous le propose.
Les projections d'engrenages et d'horloges, qui rappellent à chaque bifurcation que le temps, lui, ne se rejoue pas.
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Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après spectatif.com· mlasuiteeditions.com. Les impressions de salle sont les nôtres.