Julien Campani ne joue pas Chirac, il l'invoque. Une performance d'acteur qui tient de la métamorphose.
Le spectacle retrace la carrière de Jacques Chirac, en s'attardant sur ses années d'avant l'Élysée, jusqu'à un débat imaginaire face à Georges Marchais. Inscrit dans le cycle « Huit Rois, nos présidents », il dresse le portrait d'un homme du compromis et du vide, virtuose de l'art de parler pour ne rien dire.
Au centre du plateau, un miroir fait office de révélateur, motif du masque et de l'hypocrisie que Julien Campani endosse tour à tour dépouillé et costumé, en roi-bouffon. Le mimétisme est confondant, jusque dans des séquences improvisées avec la salle, ponctuées par l'apparition onirique de Louis XVI ou le surgissement tonitruant d'un militant déçu.
Le jeu est impeccable, la mise en scène ciselée, et l'on ressort avec une formule en tête : bas le masque, mais chapeau bas. Rares sont les incarnations aussi patientes et précises. On ressort bluffés.
L'image finale, dos au public, où on ne le voit plus que dans un miroir, comme s'il avait honte de se montrer en face.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après cult.news· theatredutrainbleu.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
