Trois voisins sous les toits qui ratent tout, un ballet de catastrophes réglé au cordeau. Le burlesque dans toute sa splendeur.
Sous les toits de Paris, sur un même palier, trois voisins que tout sépare, un costaud, un grand maigre et une blonde plantureuse, enchaînent quiproquos et catastrophes sans jamais renoncer à l'amour ni à l'espoir. Récompensé du Molière de la comédie, le mélo burlesque de Pierre Guillois se joue quasiment sans une parole intelligible.
Le dispositif oppose deux logements, l'un blanc et d'une propreté clinique, l'autre surchargé d'objets, reflets des personnalités. Incendies, tempêtes, murs mitoyens trop poreux, problèmes d'évacuation : chaque gag est un mécanisme d'horlogerie, et la mise en scène est superbe.
C'est un burlesque réjouissant qui garde toute la poésie d'un Tati, mêlant élégance comique et humour graveleux sans jamais verser dans le vulgaire gratuit. Le sans-parole révèle l'essentiel, le corps, le rythme, la présence : un artisanat comique de haute volée qui, passé sa six-centième représentation, n'a rien perdu de sa mécanique.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après cult.news· lascala-provence.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
