Le proverbe cruel de Musset dépoussiéré sans être trahi. L'orgueil amoureux n'a pas pris une ride.
Perdican et Camille, cousins promis l'un à l'autre, s'aiment et refusent de se le dire ; par dépit, Perdican courtise la jeune Rosette, et le jeu de l'orgueil tourne au drame. La compagnie Cafarnaüm relit le proverbe de Musset, écrit en 1834, à la lumière de nos amours contemporaines.
La mise en scène de Manon Giraudon-Nicolaï fait basculer la pièce d'un premier univers grotesque, où les personnages frôlent la caricature et font rire par l'excès, vers un second plus dépouillé où les masques tombent et la vérité des sentiments surgit brutalement. La vidéo et la chorégraphie intensifient les moments intimes, et des combats physiques viennent scander le conflit.
C'est un théâtre ébouriffé et ébouriffant, où le badinage disparaît sous la fureur à cœur nu, et le spectacle en devient immanquable. La modernité de la forme ne trahit jamais le texte : elle le rend plus proche, plus urgent. Un classique qui cogne encore fort.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après spectatif.com· 3tavignon.com. Les impressions de salle sont les nôtres.
