Une fable où l'on paie en mots, et où la langue des signes devient résistance. Ambitieux et profondément généreux.
Youma, jeune femme sourde, vit dans un village du Grand Nord dont le seul trésor est la langue. Lorsqu'un marchand se met à vendre des objets « indispensables » payables en mots, cent quatre-vingt-dix-neuf pour un radiateur, le vocabulaire s'épuise, et avec lui la parole et la pensée. Léonore Confino signe une fable glaçante d'actualité.
Dans un décor arctique arrondi et minimaliste qui joue le chaud et le froid, le vide et le plein, la mise en scène de Catherine Schaub fait dialoguer le français et la langue des signes, seule langue de résistance que Youma préserve. Le dispositif bilingue, accessible aux publics sourds, devient le cœur battant du spectacle.
C'est un conte humaniste et un bijou à la narration limpide, qui articule matérialisme, totalitarisme et identité, porté par une langue des signes d'une expressivité subjuguante. Quand les gens n'ont plus les mots, dit la pièce, ils recourent à la violence. Un théâtre ambitieux qui ouvre grand ses portes.
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après theatredubalcon.org· lestroiscoups.fr. Les impressions de salle sont les nôtres.
