Une histoire qui bifurque chaque soir au gré d'une pièce lancée par le public. Le hasard fait bien les choses.
Adélie et Eliott confient chaque décision de leur vie au hasard d'un pile ou face tenu par un spectateur. Selon le résultat, le récit bifurque et se réinvente, si bien qu'aucune représentation ne ressemble à la précédente. La compagnie Quartier Luna en tire un jeu théâtral aussi ludique que vertigineux.
La mise en scène de Peter Dervillez lorgne du côté de Jeunet et de Dupontel, rythmée par des projections pleines d'engrenages et d'horloges mystérieuses. Sur le plateau, la fraîcheur pêchue d'Élisa Birsel répond à la pétillance malicieuse de son partenaire, et leur réactivité face au hasard devient le moteur du spectacle.
L'expérience est jubilatoire et surprenante, à consommer sans modération, et offre au public un vrai sentiment d'appartenance ludique. On assiste à une pièce éphémère, unique, dont l'inventivité suffit à emporter l'adhésion. Malin, généreux, joliment mené.
Un échange qui nous a marqués : « ma mère a disparu, tu ne peux pas comprendre », « je n'ai jamais connu ma mère », « ah, si, alors tu comprends ».
Faits de production (autrice ou auteur, mise en scène, salle, synopsis) d'après spectatif.com· mlasuiteeditions.com. Les impressions de salle sont les nôtres.
